lundi 28 mars 2011

MicroWorld : le microcrédit en un clic

Les Échos ont publié un article sur Microworld, la plate-forme virtuelle de microcrédit de PlaNet Finance, qui se veut "le nouveau Facebook du crédit pour les plus démunis". MicroWorld espère financer à terme 6.000 projets de microcrédit par mois, répartis dans une vingtaine de pays, grâce à 20.000 prêteurs.

Microworld Planet Finance microcrédit microshow

Bien utilisées, les nouvelles technologies sont-elles l'antidote à la pauvreté dans le monde ? Les fondateurs de MicroWorld, la nouvelle plate-forme virtuelle de microcrédit solidaire du groupe PlaNet Finance de Jacques Attali, en sont convaincus. « Les systèmes de solidarité ne sont pas adaptés au nouvel environnement ultradynamique et ultraviral de l'Internet. Il fallait créer un système aussi générationnel que Facebook pour sauver la planète », déclare non sans emphase Alexandre Allard, président d'Allard Involved. C'est avec cet objectif que sa société d'investissement solidaire a participé au pool de huit investisseurs internationaux qui ont apporté 6,5 millions d'euros pour lancer MicroWorld.

Cette plate-forme est conçue sur le même modèle que Babyloan en France ou Kiva aux États-Unis. « Tous les projets sont présentés sur le site et tout le monde peut prêter une petite somme en quelques clics, précise David Langlois, directeur général de MicroWorld. Contrairement aux dons effectués via des associations caritatives, cette contribution, de 48 euros en moyenne, est 100 % attribuée au porteur de projet. »

Microworld Planet Finance microcredit

Les premières semaines de lancement sont encourageantes : 400 projets d'un montant moyen de 500 euros, répartis dans trois pays (Pérou, Sénégal et Cambodge), ont trouvé un financement via MicroWorld. Pour David Langlois, ce n'est qu'un début et il assure que la plate-forme a été conçue pour traiter 300 projets par pays et par mois. « En avril nous serons au Liban et nous étudions la mise en place de partenariats aux Philippines, au Maroc, au Ghana et au Tadjikistan. Notre objectif à terme est de compter 20 pays, ce qui représente une moyenne de 6.000 projets de microcrédit traités par mois », conclut-il. Fort de 1.500 membres en l'espace de quelques semaines, il espère compter 20.000 membres prêteurs dès la fin de l'année.

« Microshows » pour les prêteurs

La plate-forme de Babyloan n'a de son côté pas encore atteint les 10.000 membres actifs en deux ans, mais les créateurs de MicroWorld estiment avoir d'autres atouts pour sortir le microcrédit de la confidentialité. Ils ont mis à profit les techniques de marketing viral propres à Internet en convaincant plusieurs artistes de soutenir le projet. Ces derniers se produisent dans des « Microshows » réservés aux prêteurs et ils initient des communautés virtuelles « d'amis » comme peut le faire tout internaute désireux de soutenir MicroWorld.


Jean-Louis Aubert lors du premier MicroShow, le 21 février 2011, au Musée du quai Branly.

Ces vitrines médiatiques ont le double avantage d'être gratuites et de casser l'image institutionnelle du microcrédit. MicroWorld dispose, en outre, d'une plate-forme informatique comparable à celle d'une banque. « Notre plate-forme internet permet de gérer les flux financiers de 3 millions de prêteurs pour 2 millions de micro-entrepreneurs sans difficultés, souligne Alexandre Allard. Elle nous permet aussi de concevoir et gérer des sites MicroWorld dédiés pour des entreprises partenaires. » Ses équipes finalisent une plate-forme virtuelle pour GDF Suez et espèrent répliquer l'expérience avec trois autres grandes entreprises du CAC 40 d'ici à la fin de l'année. MicroWorld fait ainsi d'une pierre deux coups : cette activité lui assure une source de revenus supplémentaires tout en lui donnant accès à des milliers de nouveaux souscripteurs. Une mécanique vertueuse propre à Internet.

mardi 22 mars 2011

Le microcrédit et le rôle des femmes dans l'agriculture

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), si les femmes dans les zones rurales bénéficiaient du même accès que les hommes à la terre, aux technologies, aux services financiers, à l'instruction et aux marchés, il serait possible d'augmenter la production agricole et de réduire de 100 à 150 millions le nombre d'affamés dans le monde.



Dans son nouveau rapport sur l'état de l'agriculture publié le 7 mars (La Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture 2010-11. Le rôle des femmes dans l'agriculture - Combler le fossé entre les hommes et les femmes pour soutenir le développement), la FAO de l'ONU souligne l'intérêt de miser sur les femmes dans les régions rurales. Une préconisation qui ne surprendra pas les promoteurs du microcrédit, qui ont dès le départ ciblé les femmes pour lutter contre la pauvreté, et qui a l’intérêt de formuler un impact chiffré de l’activité et de l’émancipation féminine sur le développement global.

Pour Jacques Diouf, directeur général de la FAO, "ce rapport fournit des arguments étayés pour promouvoir l'égalité hommes femmes dans l'agriculture". Selon Microworld, il reste tout de même du chemin à parcourir : en effet, dans le monde, les femmes effectuent 2/3 du nombre d’heures de travail, mais ne gagnent pour cela que 10% du revenu total, possèdent moins de 2 % des terres, et reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires.

En savoir plus :

Lire le dossier "Les femmes et le microcrédit" sur le site de Microworld.

lundi 21 mars 2011

International Social Enterprise Forum @ Edhec Nice (25/03/2011)

Le 25 mars 2011 a lieu sur le campus de l’Edhec Business à School à Nice l’International Social Enterprise Forum. L'association étudiante Develop s’est fixé pour défi d’organiser cet événement afin de promouvoir l’Entrepreneuriat Social et de sensibiliser le grand public à cette thématique.



Regroupant 46 membres de dix nationalités sur les campus de Lille et de Nice, l’association Develop promeut le social business sous toutes ses formes, principalement via des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat social (notamment auprès d’étudiants de classes préparatoires) et un travail en partenariat avec des institutions de micro finance comme l’ADIE en France. L’association a pour vocation de devenir un acteur clef de l'Économie Sociale et Solidaire en menant à bien des projets en collaboration avec les acteurs du secteur.

Le forum se déroulera sous forme de conférences, tables rondes et ateliers. Organisées sur des thématiques allant de l’économie solidaire à la micro finance en passant par les outils financiers au service de l’entrepreneuriat social, les discussions réuniront des experts du secteur tels Rod Schwartz, fondateur et PDG de ClearlySo, Aurélie Duthoit, co-fondatrice et directrice de babyloan.org ou encore Arnaud Mourot, directeur général d’Ashoka France.
Le programme complet du Forum :

9h30-10h Accueil

10h-10h30 Séance d'ouverture

10h30 – 11h45 Table ronde : vers une économie solidaire

Abdelmounaim Guessous (Ministre marocain, délégué à l’économie solidaire), Carol Tappenden (Directrice Générale, Nexii), Aymeric Marmorat (Directeur Executif, SIFE ; Co-fondateur et Directeur, Entrepreneurs Sans Frontières)

12h15 – 13h30 Table ronde : les outils financiers au service du développement de l'entreprenriat social

Rod Schwartz (Fondateur et P.-D.G., ClearlySo), Mark Campanale (Fondateur et Directeur, UK Social Investment Fund; Consultant, Halloran Philantropies), Véronique le Sourd (Senior Research engineer, EDHEC Risk) Modérateur : Daniel Haguet (Professeur, Responsable de la filière Finance à l’EDHEC)

14h 45 – 16h Table ronde : microfinance : challenge et opportunités

Michael Cracknell (Co-fondateur et Secrétaire Général, Enda Inter-Arabe et Co-Fondateur du réseau inter-arabe d’IMF SANABEL), Aurélie Duthoit (Co-fondatrice et directrice générale, babyloan.org), Modérateur : Sylvain Dumas (Responsable exécutif, Horizons Partagés)

16h30 – 17h30 Ateliers

17h45 – 19h Table ronde : entrepreneuriat social, pas assez sexy pour vous ?

Rod Schwartz (Fondateur et P.-D.G., ClearlySo), Aurélie Duthoit (Co-fondatrice et directrice générale, babyloan.org), Arnaud Mourot (Directeur Général, Ashoka), Aymeric Marmorat (Directeur Executif, SIFE, Co-fondateur et Directeur, Entrepreneurs Sans Frontières)

19h – 19h30 Séance de clôture

samedi 19 mars 2011

Catherine Barbaroux, nouvelle présidente de l'ADIE

A l'occasion de l'Assemblée Générale qui s'est tenue ce mercredi 16 mars, Catherine Barbaroux a été élue pour assumer la présidence de l’ADIE. Elle prend la suite de Maria Nowak, Présidente et fondatrice de l’association.

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Catherine Barbaroux, présidente de l'ADIE.

Maria Nowak reste impliquée dans l’association et prend le titre de Présidente Fondatrice. Elle restera en outre administratrice de l’Adie, Présidente de l’Association ADIE Microfranchise solidaire, d'ADIE International et de microStart, opération de microcrédit qui vient d’être lancée en Belgique en partenariat avec BNP Paribas, Fortis et le FEI.

Riche d’une longue expérience au service de l'emploi dans le cadre de ses précédentes fonctions, aussi bien dans le secteur privé qu’au sein de l’Etat, Catherine Barbaroux entend, forte de la confiance de Maria Nowak, du soutien du conseil d'administration, des permanents et des bénévoles, "poursuivre et amplifier le combat de l’ADIE parce qu'il est concret, juste, et plus que jamais nécessaire dans le contexte social et économique actuel".

Parcours professionnel de Catherine Barbaroux

Directrice de cabinet de Michel Crépeau au ministère de l'Environnement (1981-83) puis au ministère du Commerce, de l'artisanat et du tourisme (1983-86). En poste à la direction des ressources humaines et de la communication puis au directoire du groupe Printemps devenu PPR, directrice d'Entreprise et Personnel (1993), déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle (1999), directrice générale des services du Conseil régional d'Ile de France (2005) puis présidente de l'ADIE (depuis 2011).

mardi 15 mars 2011

Esther Duflo : microcrédit, miracle ou désastre ?

Esther Duflo, économiste française, actuellement professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et récipiendaire de la médaille John Bates Clark en 2010, a publié le 11 janvier 2011 dans Le Monde un article intitulé "Microcrédit, miracle ou désastre ?". En se penchant sur le cas de deux programmes de microcrédit, aux Philippines et en Inde, Esther Duflo explique les avantages et les limites du microcrédit. Pour elle, le microcrédit n'est pas la solution miracle.

Esther Duflo, auteur du livre Le développement humain. Lutter contre la pauvreté (2010)

Deux cas : aux Philippines et en Inde

Aux Philippines, First Macro Bank propose des emprunts à des entreprises qui existent déjà, sur une base individuelle. En Inde, Spandana utilise le modèle canonique de la Banque Grameen (l'institution créée par Mohammed Yunus): un petit emprunt solidaire, réservé à des femmes. Pourtant, les résultats concordent : dans les deux pays, les emprunteurs acquièrent plus de biens durables (télévision, réfrigérateur, etc.) pour leur foyer. Ceux qui ont une petite entreprise investissent dans celle-ci : ils acquièrent des actifs productifs (bicyclette, machine à coudre) ou augmentent leurs stocks. En Inde, un emprunt sur huit conduit à la création d'une nouvelle activité indépendante (aux Philippines, tous les emprunteurs avaient déjà une entreprise).

Ces études semblent donc nous dire que le microcrédit rend exactement les services attendus d'un bon produit financier : il permet à ses clients d'effectuer des achats importants, pour leur activité ou pour leur ménage, qu'ils n'auraient pas pu engager autrement.

Aucune transformation profonde à long terme

Mais, dix-huit mois plus tard, on ne constate aucun signe d'une transformation profonde de la vie de ces familles : ni l'une ni l'autre de ces études ne démontre d'impact sur la santé, la scolarisation ou le pouvoir de décision des femmes. En revanche, contrairement aux prédictions pessimistes des sceptiques de la microfinance, on ne constate aucune frénésie de consommation irresponsable provoquée par l'argent facile : au contraire, en Inde, les familles abandonnent certaines des petites tentations de la vie courante (thé, snacks, noix de bétel, tabac) pour rembourser l'emprunt qui leur a permis d'acheter des biens durables.


La First Macro Bank aux Philippines.

Le microcrédit n'est pas une recette miracle

Il ne s'agit bien sûr que d'effets à court terme. L'impact dans trois ans ou plus sera peut-être tout à fait différent. Les revenus supplémentaires de l'activité financeront-ils la scolarisation des enfants ? Ou bien le poids des remboursements hebdomadaires se fera-t-il sentir davantage ? Les données sont en cours de collecte.

Le monde rêve d'une recette miracle contre la pauvreté et le microcrédit était un candidat tout à fait plausible. Ces études suggèrent qu'il est temps de revenir à une description plus nuancée de ses avantages possibles. Mais reprocher au microcrédit d'être inutile ou dangereux parce qu'il ne se révèle pas être cette recette miracle n'a pas grand sens.

Laisser de côté le discours polémique a aussi l'avantage de nous inciter à dépasser un débat binaire pour remettre en question le modèle canonique du microcrédit et nous demander comment il pourrait encore mieux servir ses emprunteurs. Une des limites du microcrédit est qu'il finance essentiellement des activités à toute petite échelle, de très faible croissance, bien éloignées de l'image d'Epinal d'un Bill Gates démarrant Microsoft dans son garage : dans les rues des villes d'Inde, d'Indonésie ou du Bangladesh, on voit d'innombrables petites épiceries, vendant toute la même chose, dont les bénéfices suffisent à peine à payer un salaire minimal à leur propriétaire, en dépit des dix à douze heures de travail quotidien. Ces micro-entreprises ont beaucoup de mal à passer à la vitesse supérieure : plus de 90 % des entreprises des clients de Spandana que nous avons étudiées n'ont pas d'employé ; aucune n'en a plus de trois. Dans quelle mesure la structure même du microcrédit contribue-t-elle à cet état de chose ?

Lire l'article complet d'Esther Duflo, "Microcrédit, miracle ou désastre".

lundi 14 mars 2011

L'ADIE à Pôle emploi du 14 au 18 mars 2011

A l’occasion d’une campagne que mène l’ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) pour mieux faire connaître son offre aux porteurs de projet d’entreprises, Pôle emploi lui ouvre ses agences, du 14 au 18 mars 2011.

Du 14 au 18 mars 2011 : alliance ADIE / Pôle emploi en France
Du 14 au 18 mars 2011 : alliance ADIE / Pôle emploi en France.

Les conseillers de l’ADIE seront présents dans plus de 100 agences Pôle emploi à travers toute la France, et se tiendront à la disposition des demandeurs d’emploi tentés par la création d’entreprise. Ils leur apporteront leur expertise sur des points aussi fondamentaux que le financement, le choix d’un statut ou encore le développement commercial.

Le partenariat de Pôle Emploi et de l’ADIE a officiellement été lancé le 14 mars, à 15 heures, à l’occasion de la visite conjointe de l’agence Pôle emploi de Montreuil-sous-Bois, par Maria Nowak, présidente de l’ADIE, et Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi.

En savoir plus :
Voir le Bilan 2010 de l'ADIE pour le microcrédit.

vendredi 11 mars 2011

Essor de la microfinance en Afrique de l'Ouest entre 1993 et 2009

La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a annoncé le 8 mars que l'encours du crédit du secteur de la micro finance dans l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a connu une forte augmentation de 446,5 milliards de FCFA (environ 893 millions de dollars) entre 1993 et 2009, soit une progression de 1.063 %.

L’encours des dépôts est ressorti à 504 milliards de FCFA contre 42,2 milliards en 1993 (plus 1.095 %). Concernant les bénéficiaires des structures de micro finance, ils sont passés de 312.425 en 1993 à 9,5 millions en 2009, correspondant à une très forte hausse de près de 3.066 %. Le nombre de structures de microfinance a connu une croissance de 647,7 % sur la même période, passant de 107 en 1993 à 800 à la fin de l’année 2009.

La BCEAO signale un certain nombre de mutations en cours dans le secteur de la micro finance. Il en est ainsi de l’accentuation de la concurrence entre les systèmes financiers décentralisés (SFD) qui se manifeste à travers la création de nouvelles institutions et la forte urbanisation des activités de micro finance. Une autre mutation notée par la BCEAO, est l’entrée dans le secteur des banques commerciales ainsi que des fonds d’investissements.

Source : Afrique Avenir.