jeudi 7 juin 2012

Hillary Clinton soutient encore Yunus et la Grameen Bank

Hillary Clinton, qui a déjà rencontré Muhammad Yunus le 6 mai dernier, vient une nouvelle fois de plaider en faveur du fondateur de la Grameen Bank, qui fait actuellement l'objet d'une commission de travail gouvernementale.

Muhammad Yunus et Hillary Clinton à Dacca.

Dans une lettre adressée le 6 mai à la ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, Dipu Moni, la chef de la diplomatie américaine a souligné qu'elle tenait en "haute estime" la Grameen Bank, rappelant que l'organisme aidait les citoyens les plus vulnérables, dont de nombreuses femmes. Elle a dit espérer que "l'intégrité de la banque, y compris sa gouvernance innovante, soit préservée en tant qu'outil de développement efficace pour les pauvres".

Pionnier de la microfinance, le Bangladais Muhammad Yunus a fondé cette banque en 1983 pour permettre aux plus pauvres de contracter de petits crédits, un concept qui a aidé des millions de foyers défavorisés au Bangladesh et qui a été ensuite développé dans d'autres pays émergents. Mais Muhammad Yunus, 71 ans, a été contraint à démissionner l'an dernier au terme d'un long bras de fer juridique qui l'a opposé au gouvernement.

La semaine dernière, Muhammad Yunus, s'est dit "extrêmement inquiet" que la Grameen Bank et ses dizaines d'entreprises affiliées, dont certaines sont très rentables, puissent passer sous le contrôle de l'Etat. Selon Muhammad Yunus, le gouvernement détient actuellement 3% de la banque tandis que le reste est aux mains de ses emprunteurs, dont plus de 95% sont des femmes issues de milieux ruraux défavorisés.

mercredi 6 juin 2012

Succès de Happy Life, le social game du microcrédit

La société Humano Games a lancé en juin 2011 le jeu "Happy Life", un social game solidaire dont le but est de sensibiliser l'internaute au microcrédit solidaire. Le jeu est disponible gratuitement sur Facebook. Il a déjà séduit 300.000 adeptes ! Le principe est simple : le joueur gère un commerce virtuel qui lui permet de développer son univers. En progressant dans le jeu, il se familiarise avec les principes du microcrédit via le charmant personnage de Rose, marchande de bonbons.


La réalité rejoint peu à peu la fiction, car le joueur est invité à découvrir les profils de véritables micro-entrepreneurs grâce aux plateformes partenaires Babyloan et Kiva. Il a alors l’occasion d’utiliser les points gagnés dans le jeu pour faire un don à ces entrepreneurs. Le but étant de créer un lien virtuel encourageant un engagement réel et solidaire pour le micocrédit.

Derrière votre écran, vous gérez un commerce tout en vous familiarisant avec les principes du microcrédit. L'argent récolté est alors réinjecté dans des microcrédits, virtuels, adossés à une monnaie fictive, le « happy cash ». Une fois la somme atteinte, un vrai investisseur prend le relais.

mardi 5 juin 2012

Avis de Jean-Luc Perron (Fondation Grameen Crédit Agricole) sur le social business

A l'occasion du Salon des Solidarités, organisé du 1er au 3 juin, Jean-Luc Perron, délégué général de la Fondation Grameen Crédit Agricole, a donné son point de vue sur le rôle de la microfinance et du social business pour sortir de la crise économique. Extraits.

Jean-Luc Perron, délégué général de la Fondation Grameen Crédit Agricole.

D’après-vous, le social business est-il en mesure de concurrencer les entreprises classiques ?

Nous concevons le Social Business comme une réponse d’entreprise à un problème social. Dans le contexte des pays en voie de développement, il s’agira le plus souvent de donner aux plus pauvres l’accès à des biens et services essentiels dont ils sont privés : nourriture, eau potable, énergie, santé, éducation, services financiers… Ces entreprises sont des « entreprises normales » et sont donc en concurrence avec le marché, mais elles ont été créées pour atteindre un but social et y consacrent tous leurs moyens, en particulier elles réinvestissent les profits qu’elles pourraient dégager. Elles n’ont donc aucun privilège et doivent faire preuve d’innovation pour atteindre leur but social tout en atteignant l’équilibre économique.

Dans le contexte des pays du Nord, les « social business » remplissent souvent une mission de service public, à la place ou en complément d’actions conduites par les collectivités publiques : insertion de personnes handicapées, logement pour les plus déshérités, réinsertion de chômeurs de longue durée, réinsertion professionnelle d’anciens détenus etc. Dans ces cas-là, il est normal que tout en fonctionnant comme des entreprises, les social business bénéficient de dispositifs de subvention, ou d’un allégement des charges sociales, puisqu’ils contribuent par leur action à réduire le coût de ces situations pour la solidarité nationale.

Dans l’un et l’autre cas, les social business peuvent inventer des modèles innovants de production ou de distribution, tout à fait compétitifs par rapport à des entreprises normales.

Que manque-t-il au social business pour prendre son essor ?

Des entrepreneurs pour en prendre l’initiative et la direction ; des incubateurs pour en favoriser l’éclosion, en phase d’étude et de lancement ; des financeurs socialement motivés – social business angels et social business funds – pour en financer le développement ; un climat politique et médiatique porteur.

Source : Babyloan

lundi 4 juin 2012

Microcrédit et réinsertion dans l'Eure et à Evreux sud

La mission locale pour l'insertion des jeunes de l'Eure et Évreux sud a signé avec le Crédit agricole mutuel de Normandie-Seine une une convention de partenariat d'aide aux 16-25 ans. La mission locale couvre environ un tiers du département. Dotée d'antennes ou de permanences de proximité, elle propose aux jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire, et parfois du système bancaire, « toute une palette d'outils et de dispositifs visant à les remettre dans le circuit ».


En 2011, 3.500 jeunes ont pu bénéficier de ses nombreux services. La convention qui vient d'être signée entre la mission locale et le Crédit agricole mutuel de Normandie-Seine est l'un de ces dispositifs destiné « à lever certains freins en matière d'insertion professionnelle et sociale ». L'accès à ce microcrédit relève de la mission locale la plus proche du domicile. Chaque jeune sera écouté, conseillé et accompagné dans son projet. Un minimum de revenu mensuel de 400 euros est demandé. Les projets peuvent être multiples : permis, voiture, logement, meubles, santé, transports, matériel professionnel, habits... pour un montant maximum de 3.000 euros remboursables, au plus, sur trois ans.

« Il y aura autant de demandes que de besoins, précise la présidente Sophie Buquet-Renollaud. Le microcrédit, ça marche ! » Sur cinq dossiers traités en 2011, cinq personnes travaillent. Seul un d'entre eux a connu un incident de parcours, en voie de négociation. En règle générale, « tous s'en sortent et deviennent autonomes », conclut la présidente.

Source : Paris-Normandie

mardi 29 mai 2012

Maroc : le secteur du microcredit sort de la crise


Tariq Sijilmassi, président de la Fédération nationale des associations de microcrédits (FNAM), donne son point de vue sur le secteur de la microfinance au Maroc. Selon, le secteur est en train de sortir de la crise. Entretien.

Comment se comporte actuellement le secteur du microcrédit ?

À un certain moment, le microcrédit a grandi trop vite. Après, on a assisté à une crise de croissance du secteur durant une période de 2 ans à 2,5 ans, où il fallait se calmer, assainir les portefeuilles et entreprendre une action de formation des agents. Cette formation était vitale du fait que ces agents sont seuls face aux clients, sans aucune information comptable ou autre. Donc pour pouvoir avoir une information fiable, il faut avoir un agent fiable. Maintenant, le microcrédit est en train de sortir de sa petite crise et d’ailleurs tous les chiffres le prouvent. Après avoir marqué un palier, le secteur repart à la hausse.

Et qu’en est-il des remboursements ?

Le remboursement s’est stabilisé. On a passé une dizaine d’années avec un taux de remboursement de 99,5%. C’était incroyable, ce n’était peut-être même pas véridique. Après on a eu une crise, on a eu peur que ce taux descende. Aujourd’hui, il s’est stabilisé à peu près à 95%.

On reproche souvent aux acteurs du microcrédit de pratiquer des taux d’intérêt élevés. Est-ce fondé ?

C’est vrai que les taux sont élevés, mais c’est lié uniquement au coût de revient. En effet, au microcrédit, il n’y a pas de bénéfices. Et quand on parle du coût de revient, c’est une somme du coût de l’argent, des frais d’ouverture des comptes dans des endroits très éloignés, du fait qu’il y a au moins 5% du taux de chute…, avec tout cela, on arrive à ces taux-là. Mais le microcrédit ne génère pas de bénéfices, c’est une activité non lucrative. Donc, il faut qu’on travaille poste par poste. Ainsi, il faut baisser le coût de l’argent, en cherchant de l’argent moins cher, car les acteurs du microcrédit ne travaillent pas avec des fonds propres, mais avec de l’argent qu’on leur prête. Il y a aussi les coûts de gestion qui sont extrêmement élevés, car on travaille sur peu de clients dans des zones très éloignées. Parmi les moyens qui permettent cette réduction des coûts de gestion, on note surtout l’informatisation et l’utilisation des nouvelles technologies, telle la téléphonie mobile. Et puis nous travaillons également sur l’élargissement de la gamme de produits avec la micro-assurance, la micro-épargne… et enfin nous agissons sur la consolidation de la qualité des portefeuilles des associations et sur le taux de chute, car celui-ci est répercuté dans le coût. C’est mécanique. C’est vrai donc que le taux d’intérêt est élevé, mais ce n’est pas parce qu’on tire des bénéfices de cette activité, mais c’est juste parce qu’on répercute le prix de revient.

Source : Lamatin.ma

mercredi 23 mai 2012

Pascaline Dupas et le microcrédit

Dans le cadre du Prix 2012 du meilleur jeune économiste, Le Monde a publié un entretien avec Pascaline Dupas, 35 ans, qui enseigne à l'université de Stanford, en Californie. Diplômée de l'Ecole normale supérieure, elle a réalisé sa thèse en économie du développement à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Ecole d'économie de Paris sous la direction de François Bourguignon. Pascaline Dupas fait référence au microcrédit et à la micro-épargne. Extrait.

Pascaline Dupas.


Vos recherches concernent les questions de santé dans les pays pauvres. Quels en sont les principaux résultats ?

J'essaie de comprendre les contraintes auxquelles font face les ménages des pays pauvres quand ils prennent la décision d'investir (ou non) dans la santé et, par conséquent, quels types de politiques publiques peuvent réduire ces contraintes. Une première série d'études, menées avec Jonathan Robinson, de l'université de Californie à Santa Cruz, concerne le fait que les ménages n'ont pas d'accès aux banques et donc à l'épargne sécurisée. Jusqu'à récemment, la plupart des recherches sur l'accès au système financier étaient limitées à la question du microcrédit, en s'interrogeant de la manière suivante : le microcrédit peut-il aider les pauvres ? Mes travaux avec M. Robinson ont montré l'importance de la micro-épargne : alors que la plupart des très pauvres ne veulent pas emprunter, ils souhaitent épargner. Notre recherche suggère qu'augmenter l'accès aux banques pourrait permettre aux pauvres d'épargner davantage et donc d'investir plus dans leur santé, ainsi que dans l'éducation, dans une entreprise familiale, etc. Mais il n'est pas rentable pour une banque commerciale de créer une branche en pleine campagne et de servir les très pauvres, car les montants que ceux-ci peuvent épargner sont relativement faibles. Il faut donc subventionner ces services pour les pauvres.

lundi 21 mai 2012

La commission va plancher sur l'avenir de la Grameen Bank

Le Bangladesh a mis en place le 16 mai une commission visant à plancher sur l'avenir de la banque de microfinance, la Grameen Bank, et sur ses 54 entreprises affiliées dirigées par le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus.

Logo de la Grameen Bank, "la banque des pauvres".

Le Bangladais a été contraint à démissionner l'an dernier de la banque qu'il avait fondée en 1983 au terme d'un long bras de fer juridique qui l'a opposé au gouvernement. Mais "le banquier des pauvres" continue de présider les entreprises créées autour de son institution. La raison légale de son éviction était qu'il avait dépassé de 10 ans l'âge maximal de la retraite, fixé à 60 ans. Mais selon les observateurs, l'influence considérable de la Grameen Bank au Bangladesh, qui a aujourd'hui des activités dans les panneaux solaires, la téléphonie mobile et d'autres biens de consommation, a provoqué la jalousie du gouvernement.

Le gouvernement a déclaré : "la commission va réviser et faire des recommandations sur l'institution et les mécanismes de la Grameen Bank ainsi que sur la façon de placer la banque sous la compétence des agences gouvernementales de régulation".

Cette commission sera aussi chargée d'étudier les "institutions et entreprises mises en place par la Grameen Bank", a stipulé le gouvernement en faisant référence aux 54 entreprises. Cette annonce intervient quelques jours après la visite au Bangladesh de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a publiquement affiché son soutien à M. Yunus, un ami personnel du couple Clinton. Hillary Clinton avait alors déclaré : "j'espère que la Grameen Bank va continuer son bon travail pendant encore longtemps. J'espère que le processus pour nommer un nouveau directeur général indépendant et respecté sera mené de façon efficace et transparente". Des propos critiqués par  le ministre des Finances, A.M. Muhith.